festival happy folk slow market

La slow life de Marine Minier – Pour l’amour des arts textile

Chez Happy Folk, nous sommes passionnées par les arts textiles. Nous nourrissons une certaine obsession pour tout ce qui touche au tissage, à la tapisserie et aux techniques de teintures végétale et l’indigo en particulier. Nous avons donc à cœur de valoriser les créateurs qui contribuent à faire perdurer cet artisanat. Nous avons découvert la marque Georgette il y a quelques semaines sur Etsy. Georgette c’est tout d’abord une histoire de famille, de transmission et de partage, qui nous a touché. C’est aussi un univers singulier qui se ré-approprie des savoir-faire anciens, tels le canevas, le quilting, la teinture végétale et les transforme en des créations totalement contemporaines. C’est enfin le talent, les valeurs et les modes de vie tellement « Happy Folk » de sa créatrice Marine Minier, que nous vous proposons de découvrir aujourd’hui.
Marine Minier a passé une partie de son enfance dans l’atelier de sa grand-mère Georgette qui était couturière de métier. Elle ne l’aidait pas vraiment mais a grandi dans un univers créatif où les clientes défilaient et les tissus s’accumulaient. Elle a donc été sensibilisée au textile dès son plus jeune âge. Bien plus tard, alors que qu’elle se fourvoyait dans des études qui ne lui correspondaient pas, elle a eu une réminiscence de ces heures passées dans cet atelier. Durant l’été 2014, elle est allée voir sa grand-mère pour lui faire part de son envie d’apprendre à coudre.  Elles ont passé l’été à tisser, broder et coudre. Depuis, Marine ne s’est jamais arrêtée. A la rentrée 2014, elle s’inscrit à une formation d’arts plastiques et de chromatologie, sa vie prenait un tout autre sens, Marine faisait enfin ce qui lui plaisait. Peu de temps après elle s’est décidée à lancer sa marque de textiles décoratifs pour la maison, qu’elle a tout naturellement appelée « Georgette ». La boucle était bouclée.
〈〉 Que signifie pour toi  le Slow ? Comment cela se matérialise dans ton quotidien ?
Prendre le temps. Revenir à l’essentiel. Donner un sens à sa vie. Au quotidien, je fais mes courses dans une coopérative de produits biologiques et écologiques, je possède une quantité de sacs en tissus réutilisables, je prends le temps de faire à manger en faisant moi-même certains produits de base, je nourris le composte de mon quartier à Montreuil et je fais du yoga.
Concernant mon activité c’est assez simple, je fais tout toute seule. Je dessine les collections, je choisis méticuleusement les matières premières – qui sont recyclées ou issues de filières écologiques et durables – je couds, je photographie mes produits, je fabrique mon packaging (étiquettes, tote-bags, etc..) et j’essaie tant bien que mal de communiquer régulièrement sur les réseaux sociaux. Et tout ça prend du temps. Suivant les collections, certains processus de transformation de la matière première requièrent beaucoup de temps. Le plus lent est sans aucun doute celui de la teinture végétale, car ce procédé implique une cuisson très lente, à moyenne température, des tissus dans les bains de teinture. Ces longues heures et parfois ces journées entières de préparation sont nécessaires afin de préserver les fibres textiles. La technique de l’impression au tampon, elle, peut parfois exiger un travail de fée puisque les dessins, imaginés d’abord sur le papier, sont gravés à la main sur des plaques de linoléum. Un travail de précision qui demande beaucoup de patience.
〈〉 Quelles sont les personnalités ou les créateurs qui t’inspirent ?
Ariele Alasko est la personne qui m’a donné envie de me lancer dans l’artisanat. Le jour où je suis tombée sur la photo de son travail de fin d’étude, un mur en feuilles d’eucalyptus de plusieurs mètres de long et de large, je suis tombée amoureuse de son travail. Son univers esthétique m’a d’abord séduite puis j’ai découvert, un peu par procuration, le travail d’un artisan à travers son blog où elle y décrivait ses processus créatifs et exposait ses objets en bois, tous sculptés à la main. Ça m’a donné envie plus que jamais de mettre mes mains au service de la création. Dans mon domaine, je suis assez fascinée par le travail de Laura Preston, la créatrice de Vacilando Quiltting. Elle fabrique d’immenses couvre-lits en patchwork dans la caravane dans laquelle elle parcourt les Etats-Unis. Parfois quand je me plains de la taille de mon atelier, je pense à elle. Le travail de Julie Lansom m’inspire aussi énormément, car elle touche à tout, et contredit le proverbe « touche à tout et bon à rien ». Elle à la fois, photographe, designer textile et créatrice de luminaires – qu’elle peint et tisse à la main. Elle me donne l’espoir de croire que c’est possible de faire tout, toute seule.Enfin, bien qu’il y ait encore plein d’autres créateurs qui m’inspirent, j’ai découvert il y a peu le travail de Fidèl Chapo, fils du designer Pierre Chapo, qui après avoir travaillé dans le bois, la photo, le modelage et le dessin, décide de quitter Paris pour renouer avec ses racines dans un petit village du Lubéron. Il s’y installe et reprends la fabrication des meubles Chapo, des objets d’art en bois massif, afin de perpétuer le savoir-faire de son père.
〈〉 Pour nous Happy Folk c’est la communauté grandissante de personnes qui aspirent à un mode de vie, de travail et de consommation plus authentique, épanouissant et joyeux, nomade, créatif, green et utile. Et pour toi, qu’est ce que cela évoque ?
La vie qui m’attend à la rentrée. Je quitte Paris, ville où je suis née, où j’ai grandi, où j’ai étudié et où j’ai travaillé, pour m’installer avec mon copain en Bretagne près de l’océan, à la recherche d’une vie plus simple et plus proche de la nature.
〈〉 As-tu des conseils à donner, pour une vie plus épanouissante,  un meilleur équilibre vie perso/vie pro ?
Le yoga est sans aucun doute une pratique sportive que tout le monde devrait un jour essayer. Sans espérer un jour devenir un grand yogi, le yoga permet à n’importe qui de se déconnecter et de se recentrer sur soi le temps d’un moment. Je recommande le Studio Gérard Arnaud à Paris.

LES COUPS DE CŒUR SLOW DE MARINE
Ses spots slow préférés :
• La plage de Tronoën sur la baie d’Audierne à la pointe du Finistère, on y surfe l’été et on s’y ballade l’hiver.
• A Paris, ma ballade préférée est celle qui part du haut de Ménilmontant en sillonnant les petites rues de l’ancien quartier (rue de la Mare, rue des Cascades) en passant par les hauteurs du Parc de Belleville pour finir rue Sainte-Marte.
Ses restaurants :
Pour déjeuner, entre Belleville et République il y a un des rares restaurants de Belleville où on fait les nouilles à la main, il est rue de la Représentation et ne porte pas de nom
• Le Holly Belly et au Bichat, le menu change tous les mois, c’est bio, c’est trop bon et surtout tout est fait maison.
• Rue Saint Denis, un minuscule restaurant familial de sandwichs traditionnels kurdes. La fille prépare les galettes devant nos yeux, le frère s’occupe des grillades et le père est en charge des commandes et du service.
Ses boutiques fétiches :
•A côté, on peut s’arrêter dans l’atelier boutique des créatrices Louise Damas et Fauvette Paris, on voudrait tout acheter.
•De l’autre côté du périph’, il y a la Réserve des arts à Pantin, c’est la caverne d’Ali Baba de tous les créatifs. C’est une association qui récupère des rebuts et chutes de matériaux dans les entreprises, pour les valoriser et les revendre.
Ses coups de cœur dans la sélection du festival :
•Les céramiques d’Aurélie Dorard!

 

Retrouvez les coussins tissés, couvertures indigo et tout l’univers de Georgette au Slow Market du Festival Happy Folk les 8 et 9 juillet prochain au 88 Ménilmontant. 
2017-06-29T13:19:38+00:0028 juin 2017|Créateurs, Mode de vie / mode de travail|